500 pages

28.00 euros

978-2377010929

mai 2021

Histoire
Jean Tsaboto
Franc maçonnerie
Jean Tsaboto

Le livre :

Au XVIe siècle, des descendants de
migrants musulmans fondent dans le sud-
est de Madagascar le royaume antemoro,
marqué par une extrême hiérarchisation de
la société et une opposition entre pur et
impur. Un relatif équilibre du pouvoir s’y
instaure entre nobles et roturiers, comme
dans le royaume antesaka, bâti par des
nobles venus de la côte Ouest malgache.
La conquête de la région par le Royaume de Madagascar centré sur Antananarivo bouleverse
profondément ces sociétés : l’administration mise en place prend le contrôle du commerce
avec l’outremer, instaure impôts et corvées (après 1824), puis introduit le christianisme et la
scolarisation (1878). À ces changements imposés de l’extérieur s’ajoutent ceux liés aux
rapports entre groupes statutaires, ainsi qu’aux enjeux représentés par la mainmise sur les
hommes et les rizières.
Le choix d’Antananarivo de s’appuyer sur les nobles en pays antemoro et antesaka, et sur les
Zafisoro face aux Antefasy dans la région de Farafangana, élargit le fossé entre communautés.
Les tensions débouchent sur des conflits que la mobilité des populations et les idées
véhiculées par le christianisme font évoluer en guerres révolutionnaires. Profitant de moments
de crise entre le Royaume de Madagascar et la France, les roturiers antemoro (en 1851, 1883
et 1894) et antesaka (en 1895) réussissent à briser les hiérarchies de leurs Royaumes. En
émancipant leurs esclaves, ils forment de nouveaux ensembles sociaux qu’ils dirigent en les
dotant d’une structure « royale », en pays antesaka (1895) et antemoro (1937). Dans la région
de Farafangana, à partir de 1882, une situation de tension quasi permanente s’instaure entre
Zafisoro et Antefasy. Les traces de ces conflits, qu’aggrave la pression sur la terre, se font
encore sentir aujourd’hui.

L'auteur.e

Jean Tsaboto est né à Andemaka, en pays Antemoro. D’abord instituteur dans le sud-est de
Madagascar, il devient chargé de cours à l’Université de Tuléar après y avoir soutenu un mémoire de maîtrise (1991), puis prépare à l’École des Hautes études en Sciences sociales (EHESS, Paris) un DEA puis un doctorat qu’il soutint en mai 2003 ; il décède quelques mois plus tard à Antananarivo.


Jacques Bidou